Retour Publications d'expert | Publié le 12/10/20

COVID-19 | Les actualités du lundi 12 octobre 2020

« L’optimiste ne refuse jamais de voir le côté négatif des choses ; il refuse simplement de s’y attarder » Alexander Lockhart

 

Chères Clientes, chers Clients,

S’il est encore trop tôt pour parler en détail du projet de loi de finances pour 2021 qui est en discussion, il convient juste de relever que la disposition permettant la réévaluation libre si elle est intéressante dans son principe, ne fera qu’enjoliver des bilans, mais ne résoudra pas l’équation de la dynamique à retrouver et que si par ailleurs la baisse de la CVAE et de la CET sont de bonnes choses pour les entreprises, leur impact restera marginal pour elles mais parfois significatives en manque à combler pour les collectivités concernées. 

Encore une fois la clé d’une reprise dynamique et forte sera à trouver dans le retour de la confiance sans laquelle il n’existe pas de bon « business ».  

En attendant, les entrepreneurs s’adaptent et résistent au mieux… :

 

MAINTENANT

 

___1) Exonération de charges sociales TPE-PME : ATTENTION, ce n’est pas automatique ! L’exonération, comme l’aide au paiement doit être déclarée dans la DSN de septembre. Si vous êtes éligible et que vous déposez votre DSN au 15 octobre, vous avez encore le temps ! Sinon il est admis par l’administration (mais non écrit) que cette déclaration puisse être effectuée dans la DSN d’octobre, mais alors déposée au plus tard le 31 octobre.

___ 2) Fonds de solidarité : le Décret n°2020-1200 du 30 septembre 2020 vient modifier le dispositif du fonds de solidarité en assouplissant les conditions d’accès au fonds des PME en difficulté, ainsi que des discothèques au deuxième volet du fonds ainsi que les modalités de calcul de l’aide pour ces entreprises :

  • Les aides versées aux PME ou aux grandes et moyennes entreprises qui étaient, au 31 décembre 2019, en difficulté doivent être compatibles avec le règlement (UE) relatives aux aides de minimis,
  • Certaines règles de forme quant aux modalités de demandes,
  • Les activités « Post-production de films cinématographiques, de vidéos et de programmes de télévision » et « Distribution de films cinématographiques » sont supprimées de l’annexe 2,
  • Le montant de l’aide complémentaire s’élève à 2 000 euros ou, dans la limite de 45 000 euros, à la somme des dettes de l’entreprise exigibles dans les trente jours et de ses charges fixes, y compris les loyers commerciaux ou professionnels, restant à régler au titre des mois de mars à août 2020, lorsque cette somme est supérieure à 2 000 euros (NB : ne comprend pas les cotisations sociales de mars, avril et mai 2020, sauf les cotisations des régimes de retraite complémentaire obligatoires, et les cotisations et contributions de sécurité sociale dues, au titre des mois de mars à août 2020, par les travailleurs indépendants),
  • Une seule aide peut être attribuée par entreprise. Celles qui ont déjà perçu une aide à ce titre peuvent bénéficier d’une aide égale à la différence entre le montant dû (nouveau calcul) et les montants déjà versés.

___3) Crédit d'impôt : un Décret du 1er octobre vient réintégrer les spectacles de variétés dans le champ d'application du crédit d'impôt sur les sociétés au titre des dépenses de création, d'exploitation et de numérisation d'un spectacle vivant musical,

___4) Aide à l'embauche : outre les aides déjà évoquées, un Décret du 6 octobre 2020 vient créer une aide de 4 Ke à l’embauche de travailleurs handicapés entre le 1/09/2020 et le 28/02/2021, en CDD > 3 mois ou CDI et dont la rémunération est inférieure ou égale à 2 fois le SMIC, sous autres conditions. 

___5) Activité partielle, ATTENTION : Vous avez un peu de mal à vous retrouver dans l’évolution des dispositifs ? c’est normal ! Consultez donc les notes sur :

Et ce n’est pas fini : les règles d’indemnisation vont encore évoluer à compter du 1er novembre, mais il faudra être un peu patient et attendre les décrets à venir. Selon nos sources, cela pourrait être (sous toutes réserves) :

  • AP de longue durée, temporaire jusqu’à fin décembre 2020, pour les secteurs protégés ; indemnité de 70% brut plafonné à 4,5 SMIC, idem pour l’allocation employeur,
  • AP « normale » :
  1. Temporaire jusqu’à fin décembre 2020 : différentiées selon les secteurs protégés ou pas : indemnité entre 60 et 70% du brut pour le salarié, allocation de 36 à 70% du brut pour l’employeur,
  2. A compter du 1/1/2021 : pour tous : indemnité de 60% du brut pour le salarié, allocation de 36% du brut pour l’employeur,

___6) APC : sous ce vocable se cache un processus « Accord de Performance Collective » qui peut s’avérer un excellent outil pour s’adapter aux évolutions économiques post-Covid : à retrouver ici.

___7) PGE : Les Arrêtés autorisant des PGE ou des aides financières significatives au sociétés ROTOCHAMPAGNE, CONDI-FILM international packaging, COOPERATIVE LAITIRE DU PAYS BASQUE pour respectivement 0,7 Me, 0,25 Me, 0,3 Me ont été publiés au JORF récemment.

___8) INSEE note de conjoncture : depuis notre dernier décryptage du bulletin de conjoncture de l’INSSE de fin juillet qui titrait « au deuxième trimestre 2020 le PIB se contracte de 13,8% » (cf. notre lettre du 7/08/2020), l’INSEE vient de publier le 6 octobre une nouvelle note de conjoncture. Nous en reprenons les principaux constats avec quelques commentaires de notre part :

  • très vif rebond post déconfinement : l’INSEE prévoit quand même +16% au troisième trimestre, après – 13,8 % au deuxième et – 5,9 % au premier. Comme nous l’avions anticipé de manière empirique dans nos lettres précédentes, c’est heureusement nettement moins catastrophique qu’initialement prévu ! 
     
  • « Durant l’été 2020, les dépenses touristiques en France des résidents ont retrouvé voire dépassé leur niveau de l’an passé », mais essentiellement sur la partie hébergement, pas pour les spectacles et la culture. Beaucoup de régions, surtout littorales ou du centre, ont connus, grâce aux français une plutôt bonne saison. La région parisienne, ainsi que les grandes villes, sont les plus touchées par l’absence des touristes étrangers (1/2 des nuitées en temps normal en IDF). En Aout les dépenses touristiques ont été de 9% supérieures à celle d’Aout 2019, 
     
  • « Les secteurs les plus durablement affectés par la crise sanitaire représenteraient environ 8 % de la valeur ajoutée… Les  services  sont globalement  plus  affectés  que  l’industrie… ». Ceux que l’on connait bien depuis le début et qui n’en ont pas fini. Ce seront les plus touchés : CHR, activités culturelles récréatives et de loisirs, transport aérien, fabrication de matériel de transport, évènementiel… Au 3ème Trimestre 2020, les pertes d’activité de ces secteurs sont proches et comprises entre -19 et -22%, avec une dégradation anticipée au 4ème Trimestre 2020, sauf pour les matériels de transport,
     
  • En septembre, l’amélioration du climat des affaires en France a continué. Les ménages n’ont pas repris le moral et épargnent toujours plus. Tout cela restant basé sur une confiance qui risque d’être mise à mal à cause des incertitudes sur les mesures qui vont être prises par le gouvernement en matière de confinement dans les semaines et mois à venir,
     
  • Selon différents scénarii jugés probables par l’INSEE, le 4ème Trimestre 2020 devrait être à zéro pour une prévision de contraction du PIB sur l’ensemble de l’année qui reste de l’ordre de –9%soit pratiquement au même niveau qu’estimé fin mai par l’INSEE, avec des niveaux de reculs encore plus importants pour les investissements des entreprises (-10%) et les exportations (-18%). Les importations ne reculeraient que de 12%. 
    NB : le projet de loi de finances pour 2021 anticipe une croissance de +8% après cette régression Covid 2020.

     
  • Souvenons-nous, ce n’était il n’y a pas si longtemps : l’INSEE prévoyait qu’un mois de confinement équivalait à la perte d'1,7% du PIB (lettre du 7 avril), puis devenu 3% quelques jours plus tard (lettre du 14/04), et au début que la perte d'activité liée à la crise sanitaire était estimée -33% début mai, puis a été révisée à la baisse pour être plutôt de l'ordre de -21% (soit un fonctionnement de l'économie française aux 4/5èmes de son niveau d'avant crise) fin mai (lettre du 29 mai),
     
  • L’INSEE anticipe la perte de 840 000 emplois en 2020, soit –3% en moyenne annuelle. La bonne nouvelle est que ce recul est moins important que celui du PIB, à la fois à cause du dispositif d’activité partielle et aussi d’une « rétention de main-d’œuvre de la part de certaines entreprises qui conserveraient à ce stade une grande partie de leurs effectifs malgré la contraction de leur activité ». Par ailleurs, les pertes d’emploi seraient principalement concentrées dans les secteurs les plus touchés, 
     
  • Sans surprise devant les incertitudes liés aux mesures de reconfinement partielles, les entreprises représentant 1/3 des salariés français, ont du mal à préciser leur vision de la date de retour à la normale, 
     
  • L’inflation 2020 serait à zéro
     
  • Autre bonne nouvelle : le taux d’épargne des ménages qui avait quasiment doublé au 2ème Trimestre 2020 « reviendrait autour de 17% au second semestre, soit un niveau légèrement supérieur à celui d’avant-crise » augmentant ainsi la consommation, certes différentiée. En effet, les biens fabriqués (équipement du foyer, voitures, habillement-chaussure...) ont nettement bénéficié d’un rebond/rattrapage  dès la sortie du confinement. Détail intéressant, les indépendants et chefs d’entreprise ont plus retrouvé confiance à la fin de l’été que les salariés et pensent ainsi moins qu’eux qu’il est opportun d’épargner. Le flux d’épargne brute a tout de même connu une forte hausse de 61 Mds par rapport à un flux « normal » pour s’établir à 173 Mds en tout au 1er semestre 2020, augmentant ainsi fortement les capacités d’investissement des ménages, ce que nous espérons voir tout prochainement dans l’immobilier, la décoration, la rénovation et les biens d’équipement, 
     
  • Et enfin : « le   commerce   mondial   augmenterait (+10% au troisième trimestre puis +3% au quatrième), du fait de l’amélioration de la situation sanitaire globale », ces taux étant globalement valables pour la France pour laquelle près de 2/3 des exportations sont à destination de l’UE, avec toutefois une situation négative nette entre importations et exportations prévue pour la France en 2020. C’est aussi le cas de la plupart des autres grands pays européens, 
     
  • A l’étranger, les USA reprennent des couleurs grâce à la consommation des ménages, comme l’Allemagne pour laquelle la consommation de juillet a été nettement supérieure à celle de N-1, alors que la Chine rebondit surtout grâce à la production.

 

___9) INTERIM : depuis notre dernière analyse des évolutions des chiffres du CREDOC pour l’intérim en France dans notre lettre du 7 Août, nous n’étions pas revenu vers vous sur le sujet. La DARES a également publié la semaine dernière sa note pour Août 2020 :

  • Depuis mai et le déconfinement, l’intérim a progressé nettement et régulièrement tous les mois après le vif rebond en mai. Août n’a pas failli avec + 51 000 intérimaires (+8 %), et + 322 000 par rapport à Avril 2020 situant ainsi le nombre d’intérimaires à 86 % du niveau de fin février 2020, 
     
  • En comparant par rapport au mois d’août 2019, l’intérim diminue de 12,6 % (-98 000 intérimaires), 
     
  • Globalement ces chiffres se sont stabilisés sur les 4 semaines de septembre, les variations enregistrées d’une semaine à l’autre l’étaient à un rythme très faible. A la fin de la semaine 40, fin septembre, le taux national par rapport à la même période de N-1 était encore de -13,2% quand il était de -12,4% pour la province. Pour rappel, à fin juillet on était à -27%,
     
  • Cette fois ci, ce sont les régions Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais et Languedoc-Roussillon qui se distinguent avec seulement -6% par rapport à N-1, ou encore le Limousin à -5% quand la Nouvelle Aquitaine dans sa globalité stagne à -13%l’Ile de France est à -18% et le record est toujours enregistré par l’Alsace à -28% (en nette progression tout de même par rapport au 50% fin juillet),

 

___10) DARES Chiffres emploi et activité partielle : pas si catastrophique ! Depuis notre dernier décryptage des chiffres de la DARES sur le marché de l’emploi (cf. 15/07/2020), la DARES vient de publier les derniers chiffres de l’activité partielle à fin septembre. Et comme nous l'avions anticipé depuis le début sur la base des remontées du terrain, c’est un fois de plus nettement « moins dramatique » qu'annoncé :

  • 1,3 M de salariés situés effectivement en activité partielle au mois d’août 2020, pour un total de 77 millions d’heures chômées, soit 0,5 million en ETP, alors que sur la seule base des Demandes d'Activité Partielle (DAP) déposées entre le 1/03/20 et le 27/09/20, ce seraient pas moins de 7,1 M de salariés qui auraient été susceptibles de se trouver en activité partielle en août, soit 18% du nombre et que pour un gros 1/3 du temps. Il est bien naturel que face aux aléas qui changent tout le temps, les entrepreneurs anticipent au maximum, mais aussi cela démontre bien qu’ils savent s’adapter très rapidement : une bonne nouvelle pour ceux qui ne le savaient pas ! 
     
  • Le nombre de salariés effectivement placé en activité partielle, après avoir naturellement culminé en avril à 8,3 M (12,2 M susceptibles d’être en AP), pour 5,6 M d’ETP843 M d’heures et 8,9 Mds de coût, n’a cessé de décroitre rapidement à compter de la sortie du confinement mi-mai. 
     
  • Pour rappel, plus de 6,3 Milliards d'heures chômées avaient été demandées au total fin juillet depuis mars. Fin Août, ce sont uniquement 2,1 Mds qui ont été utilisées (1/3), pour un coût total de 21 Mds d’euros d’indemnisation, dont 82% sur les 3 mois de confinement (mars à mai), 
     
  • Bien entendu parmi les plus touchés en août les :
  1. secteurs en nombre de salariés concernés sont les activités spécialisées services administratifs et de soutien, les CHR et le transport/entreposage (465000 salariés sur Août),  
  2. entreprises sont soit celles < 20 salariés (30%) soit > 250 (41%),
  3. régions : IDF (42% contre 27% en mai) et Auvergne-Rhône-Alpes
  • plus étonnant (si on s’en réfère aux informations « habituelles ») : au cours des 4 dernières semaines, le nombre de demandes d’inscription à Pôle Emploi ressort en baisse par rapport aux mêmes semaines de 2019 (-9,4%). Et même pour la semaine 38, les demandes d’inscription sont en baisse de 14,5% par rapport à la même semaine de N-1. Et quand on observe les chiffres de plus près, c’est le cas, systématiquement toutes les semaines depuis fin mai. Les Milliards déversés pour maintenir l’emploi ont donc un effet bénéfique, au moins autant que l’espoir d’une reprise future par les entrepreneurs qui ne jettent pas l’éponge et préservent leur salariés, 
     
  • maintien d’une forte hausse des inscriptions en formation depuis mi-juillet : beaucoup semblent avoir compris que leur avenir était plutôt à une capacité d’évolution d’emploi, même si en quantité cela reste encore modeste : 219000 demandes sur 2 mois, soit quand même 40% de plus que N-1,  mais est aussi largement en trompe l’œil car il y a un fort effet rattrapage de la chute vertigineuse qui avait été observée du 16 mars au 7 juin : en quantité c’est quasiment équivalent aux alentours de 60000 en plus et en moins,
     
  • le nombre d’offres d’emploi en ligne publiées du 29 juin au 5 juillet se situe à 119% du niveau pré-confinement… elle dépasse le double de son niveau pré-confinement dans la santé, l'hôtellerie-restauration, ainsi que les services aux particuliers et aux collectivités. Les offres dans les métiers de l'industrie et de la construction augmentent aussi et dépassent de 33% leur niveau pré-confinement….
     
  • après une légère chute mi-Aout (et mi-juillet : vacances obligent), « la part des offres d’emploi en ligne s'est maintenue globalement au-dessus de l’indice 100, niveau d’avant le confinement. Depuis début septembre, on est même à un niveau aux alentours de 120 : des raisons d’espérer !

 

STRATÉGIE CT ET LT

 

___ 1) La 31ème minute OPTIMISTE de Jean-Marc Bonnet, dirigeant de FINOVA Conseil porte sur « Le paradoxe français », celui qui fait de chaque français interrogé une personne plutôt heureuse individuellement, mais défaitiste pour le pays, en droite ligne avec les résultats des notes de conjoncture de l’INSEE :

Si vous souhaitez voir ou revoir tous les épisodes de la minute OPTIMISTE, retrouvez-les en cliquant ici !

 

« L’optimiste ne refuse jamais de voir le côté négatif des choses ; il refuse simplement de s’y attarder » Alexander Lockhart

 

Malgré l’anxiété latente, et l’absence de perspective certaines, restez confiants et continuez à vous battre.

Les collaborateurs et associés de FIMECOR Walter Allinial.

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