Retour Publications d'expert | Publié le 07/08/20

COVID-19 | Les actualités du vendredi 7 août 2020

« Les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux » (Alphonse Allais)

 

Chères Clientes, chers Clients,

Avant une pause, au moins on l’espère, de 15 jours aux alentours du 15 août, quelques reliquats de mesures pour la rentrée, en attendant le GRAND PLAN. Et surtout le décryptage des chiffres mis en perspective qui laisse encore ouvert une bonne dose d’optimisme pour la plupart des entrepreneurs : 

 

MAINTENANT

___ 1) Suite de la 3ème Loi de finances rectificative : le Décret n°2020-979 du 5 août 2020 pris venant définir la liste des secteurs d'activité éligibles au dégrèvement des 2/3 du montant de la CFE 2020 est paru. La liste figure en pièce jointeUn de plus que les 26 lettres de l’alphabet ! 

 

___ 2) Aide à l'embauche : une nouvelle aide à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans en CDI ou en CDD > 3 mois, pour un salaire < 2 fois le SMIC, du 1er août 2020 au 31 janvier 2021, par une entreprise ou une association, vient d’être créée par le Décret n°2020-982 du 5 août 2020. D’un montant maximum de 4 Ke, au prorata du temps de travail du salarié et de la durée effective du contrat de travail. Elle est versée sur demande effectuée au maximum 4 mois après le début du contrat à l’Agence des services de paiements (à compter du 1/10/20), à terme échu, à un rythme trimestriel à raison de 1 Ke maximum par trimestre dans la limite d'un an, et sous conditions (comme par exemple l’absence de licenciement pour motif économique sur le poste concerné par l'aide depuis le 1er janvier 2020,…),

 

___ 3) Activité partielle : un nouveau décret publié au JORF vient préciser les modalités du dispositif spécifique d’activité partielle, valable jusqu’au 30 juin 2022, en cas de réduction d’activité durable, et en particulier :

  • Nécessité d’un accord collectif d’établissement, d’entreprise ou de groupe, ou le document élaboré par l’employeur préalable, incluant certains chapitres essentiels,
  • Envoi à l’autorité administrative, avant l’échéance de chaque période d’autorisation d’activité partielle spécifique, d’un bilan portant sur le respect des engagements, notamment ceux en matière d’emploi et de formation professionnelle,
  • La réduction de l’horaire de travail de chaque salarié ne peut être supérieure à 40 % de la durée légale, sauf cas exceptionnels,
  • Le taux horaire de l’allocation versée à l’employeur est égal, pour chaque salarié en activité partielle à :
  1. 60 % de la rémunération horaire brute, limitée à 4,5 fois le taux horaire du SMIC, pour les accords transmis à l’autorité administrative avant le 1er octobre 2020,
  2. 56 % de cette rémunération pour les accords transmis à l’autorité administrative à compter du 1er octobre 2020,
  3. Ce taux horaire ne peut être inférieur à 7,23 euros,
  • Le salarié reçoit une indemnité horaire, versée par son employeur, de 70 % de sa rémunération brute. La rémunération maximale prise en compte pour le calcul de l’indemnité horaire est égale à 4,5 fois le taux horaire du SMIC,

 

___4) Détachement de travailleurs : dans le cadre d’une prestation de services. Un arrêté entré en vigueur le 30 juillet 2020 prévoit que l’entreprise utilisatrice établie hors du territoire national qui, pour exercer son activité sur le territoire national, utilise des salariés détachés, informe l’entreprise de travail temporaire, établie hors du territoire national, préalablement au détachement en joignant des documents repris dans la liste jointe,

 

___5) PGE : 

  • Les Arrêtés autorisant des PGE à BUFFALO grill pour un total de 65 Me, et à FINERGAL pour 17 Me, ont été publiés au JORF, 
     
  • Dans la suite de la loi de finances rectificative et le cadre du plan tourisme, une variante du PGE, le PGE «saison» va être distribué par les banques pour les entreprises des secteurs liés au tourisme, hôtellerie, restauration, évènementiel, sport,  loisir et culture. Son innovation : remplacer le plafond du PGE « classique », soit 25% du CA du dernier exercice clos… par un plafond incluant l’effet saisonnalité et donc composé de la somme des 3 meilleurs mois de CA du dernier exercice clos, 
     
  • Chiffres récents : depuis notre lettre du 8 juin, nous n’étions pas revenus vers vous pour actualiser les chiffres des PGE attribués sur la base de ceux au 29/05. Il faut dire que le rythme décélère. Pour ceux qui le souhaitent, l’évolution de ces chiffres a été relaté dans nos lettres des 2427 et 30 avril, puis 4192025 et 26 mai. La situation au 24/07 est la suivante :
  1. le total des « demandes recensées par les banques » s’élève désormais à 121 Mds, contre près de 109 Mds à fin mai, soit à peine 12 Mds de plus, et principalement pour des ETI et grandes entreprises, mais pas que…,
  2. le montant des pré-accords s’élève désormais à 115 Milliards, contre près de 88 à fin mai, correspondant à près de 555 000 dossiers contre 475 000, soit environ 40 000 dossiers nouveaux par mois. Il semblerait donc que certaines entreprises qui n’en avait pas fait la demande se soient manifestées au regards des incertitudes annoncées pour la fin de l’année 2020 (au cas où ! comme d’ailleurs nous incitons certains de nos client à le faire),
  • Comme anticipé, le taux de « refus sur les demandes » affiché qui est désormais de 2,7% contre 2,5% à fin mai sur les « demandes éligibles » est en légère hausse, mais finalement pas de manière si significative que nous le pensions, montrant que les banques, mais aussi les entreprises, ont finalement ajusté leurs demandes respectives afin de concilier au bon montant plutôt que de refuser ou se voir refuser, 
     
  • La moyenne générale, a, quant à elle, fait un bond en avant de 10% à 205 Ke par PGE, contre 186 Ke précédemment. Pour les TPE (<10 salariés et < 2Me de CA), la moyenne est stable aux alentours de 92Ke et représente près de 40% du total de l’encours. Pour les PME (<250 salariés et < 50 Me de CA) qui font 35% du total de l’encours, elle est remontée de 10% à 1,4 Me. ce sont 30% de plus d’ETI, soit 238 entreprises, qui y ont eu recours pour une moyenne de PGE de 12,5 Me, stable. Par contre ce sont désormais 24 grandes entreprises qui s’en sont vu octroyer pour une moyenne de 578 Me / PGE :
  1. 27,6 Mds pour le secteur du commerce automobile, soit un niveau redescendu à 24% du total contre 27% précédent pour une moyenne assez stable de 218 Ke/PGE.
  2. 19,7 Mds pour l’industrie manufacturière, en progression de 71%, soit désormais 17% du total,
  3. Le secteur CHR remonte à 7,6 Mds contre 6,5 Mds à fin mai, certainement favorisé par les réouvertures, pour une moyenne de PGE toujours proche de 90 Ke,
  4. la construction a repris de l’élan à 10,1 Mds contre 8,2 Mds à fin-mai, et une moyenne en légère progression à 140 Ke/PGE,
  5. les activités techniques et scientifiques représentent toujours près de 10% du total de l’encours de PGE pour une moyenne de PGE de 227 Ke/PGE,
  6. à noter que les activités financières et d’assurance représentent maintenant 11,5 Mds, soit presque le double de fin mai, pour une moyenne de PGE de 1,2 Me,
  • Les 4 régions les plus concernées (soit les 2/3 des encours de PGE octroyés) :
  1. IDF : s’envole actuellement à 37% du total, pourcentage en forte hausse bien au-delà du niveau de sa part de PIB français,
  2. Auvergne-Rhône-Alpes : en baisse de 2 points à 10,6%,
  3. PACA, en baisse relative également d’1 point à 8,3%,
  4. Nouvelle Aquitaine : en baisse à près de 7% pour près de 56800 dossiers de 142 Ke de moyenne par PGE, montant en légère hausse,

 

___6) Filière aéronautique : un nouveau fonds, « Ace Aéro Partenaires », vient d’être constitué afin de soutenir les PME et ETI  françaises de la filière. Doté de 630 Me, dont 200 Me de l’Etat, et des 4 grands donneurs d’ordre concernés pour respectivement : Airbus 116 Me, Safran 58 Me, Dassault Aviation 13 Me et Thales 13 Me,

 

___7) INTERIM : pour notre rendez-vous désormais hebdomadaire d’analyse, semaine après semaine, des évolutions des chiffres du CREDOC pour l’intérim en France (Cf. nos dernières lettres des 24/06 et 1er15 et 28 juillet) :

  • Les évolutions estivales sont en dents de scie. Les chiffres de la semaine 31 (soit la 9ème post déconfinement quasi-total) sont globalement en retrait par rapport à la semaine précédente de -1,7%, après la hausse de +6,4% durant la semaine 30. Le taux moyen national par rapport à la même période de l’année dernière n’est cependant plus qu’à seulement -16,4% (contre -23,8% la semaine dernière) et celle de la province à -14,5% contre -22,4%,
  • A noter la très bonne performance des régions Bretagne et Nouvelle Aquitaine qui se positionnent à seulement -10 % par rapport à N-1,
  • Et la contre-performance de l’Ile de France avec ses grosses entreprises, le tourisme délaissé par les étrangers durant l’été, les aéroports… qui compte en temps normal plus de 131 000 intérimaires,

 

___8) L'INSEE : titre son bulletin de fin juillet « au deuxième trimestre 2020 le PIB se contracte de 13,8% ». Ce chiffre ayant été repris en boucle dans les médias, son analyse méritait un petit décryptage :

  • Certes la baisse de PIB sur un trimestre est importante et surtout inédite, à l’image d’une telle situation de blocage forcé d’ailleurs, après les –5,9% au 1er trimestre (dernières évaluations). Mais essayons d’aller au-delà des effets d’annonce dramatiques de données brutes dont on a bien du mal à traduire les effets sur le terrain individuel. Replongeons nous donc dans les chiffres des évolutions plus ou moins catastrophiques qui nous ont été présentées ces derniers mois et que nous avions relayées et commentées dans cette lettre tout au long du confinement. Il reste important de replacer les choses dans leur contexte et surtout en perspective :
  1. Le 7 avril : les estimations des économistes et de l'INSEE étaient de 1,7 points de perte de PIB pour un mois de confinement et de 4,4 points pour deux mois, avec une perte globale d'activité estimée à 1/3,
  2. Une semaine plus tard, le 14 avril : l’estimation avait presque doublée soit 1 mois de confinement = -3% de croissance,
  3. Un mois plus tard, le 4 mai : les chiffres de l’INSEE flash étaient une baisse de 5,8% au 1er Trimestre 2020 (après un 4 T 19 à presque zéro), soit proche du précédent record : 2ème Trimestre 1968 (Mai 68) avec 5,6%,
  4. Le 29 mai : L'INSEE restait prudente : « le PIB trimestriel pourrait diminuer d'environ 20% au deuxième trimestre 2020… Même si l'activité économique revenait intégralement à son niveau d'avant crise dès le mois de juillet, le PIB français diminuerait de 8% sur l'année 2020, or un retour aussi rapide à la normale semble peu réaliste… ». Nous avions donné rendez-vous à la rentrée pour voir ce qu’il en serait concrètement. Nous maintenons mais sommes plus optimistes,
  5. Puis le 22 juin : l’INSEE révisait à la hausse (donc baisse moindre) son estimation d’évolution trimestrielle du PIB français au 2ème trimestre 2020, à -17%,
  6. Finalement, sans attendre complètement la rentrée de septembre que tous annoncent comme une apocalypse, -13,8% sur un trimestre de confinement quasi généralisé en France mais aussi partout ailleurs c’est heureusement nettement moindre que prévu !  Nettement parce que 1 point de PIB en plus ou en moins c’est beaucoup de dizaines de Milliards et on parle de 6,2 point de mieux que prévu,
  • Bien entendu, au-delà des chiffres macro et globaux… :
  1. Les exportations ont connu une chute plus importante au 2T20, à –25,5% que les importations à –17,3%, ce qui n’est pas bon pour notre commerce extérieur. On le savait déjà fragile, il dépendait fortement des vins et d’Airbus, ce n’est bien entendu pas une telle crise qui va y remédier,
  2. Par contre, grâce à l’endurance des entrepreneurs qui ont continué à y croire et donc à produire pour constituer des stocks (exemple des stocks monstrueux de voitures fin mai écoulées en presque deux mois, mais pas seulement), les variations de stocks viennent contribuent positivement de +0,6 point à l’indice (comme au 1T20 d’ailleurs),
  3. la FBCF (terme qui signifie la Formation Brute du Capital Fixe : en gros la partie investissements) chute de 17,8% après 11% au 1er T 20, mais là encore c’est sans surprise du fait de la chute de la construction, alors qu'elle avait très fortement contribué à la bonne tenue du PIB en 2019 (+3,7%),
  • …et les situations sont contrastées :
  1. selon les secteurs et leur niveau de fermeture obligée encore aujourd’hui,
  2. mais aussi selon les régions : par exemple le tourisme dans les régions côtières sera globalement une bonne saison grâce aux français quand elle sera catastrophique sur Paris du fait de l’absence d’étrangers,
  3. et surtout selon les entreprises, d’un même secteur, voire d’une même région, compte tenu des modifications de mode de comportement des consommateurs, des capacités à atteindre un seuil de rentabilité en faisant respecter les gestes barrières, des innovations et créations mises en œuvre ou pas,… : l’ère de la linéarité rassurante est bien close pour un certain temps.

 

STRATÉGIE CT ET LT

 

___ 1) Pour le 28ème épisode de sa minute OPTIMISTE, Jean-Marc Bonnet, dirigeant de FINOVA Conseil a décidé de parler d’un sujet qui nous tient à cœur, nous qui sommes des gens sérieux, faisant un métier sérieux, tout en essayant de ne pas se prendre au sérieux : « L'humour au travail » :

Si vous souhaitez voir ou revoir tous les épisodes de la minute OPTIMISTE, retrouvez-les en cliquant ici !

« Les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux » (Alphonse Allais)

 

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Les collaborateurs et associés de FIMECOR Walter Allinial.

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